Click en ENTRADAS ANTIGUAS.
Below, more information.

If you click on the picture you will find all information that you need to learn English

If you click on the picture you  will find all information that you need to learn English
Practica listenings, readings, speaking, writing, grammar, vocabulary and more....

sábado, 6 de octubre de 2012

La Roche aux Guillemots suivi de Souvenir. GUY DE MAUPASSANT




Voici la saison des guillemots. 
 
D'avril à la fin de mai, avant que les baigneurs parisiens arrivent, on voit 
paraître soudain, sur la petite plage d'Étretat, quelques vieux messieurs
bottés, sanglés en des vestes de chasse.
Ils passent quatre ou cinq jours à
l'hôtel Hauville, disparaissent, reviennent trois semaines plus tard ; puis,
après un nouveau séjour, s'en vont définitivement.
On les revoit au printemps suivant.

Ce sont les derniers chasseurs de guillemots, ceux qui restent des anciens ;
car ils étaient une vingtaine de fanatiques, il y a trente ou quarante ans ; ils ne sont plus que quelques enragés tireurs.


Le guillemot est un oiseau voyageur fort rare, dont les habitudes sont
étranges. Il habite presque toute l'année les parages de Terre-Neuve, des îles Saint-Pierre et Miquelon ; mais, au moment des amours, une bande d'émigrants traverse l'Océan, et, tous les ans, vient pondre et couver au même endroit, à la roche dite aux Guillemots, près d'Étretat. On n'en trouve que là, rien que là. Ils y sont toujours venus, on les a toujours chassés, et ils reviennent encore ; ils reviendront toujours. Sitôt les petits élevés, ils repartent, disparaissent pour un an.

Pourquoi ne vont-ils jamais ailleurs, ne choisissent-ils aucun autre point de cette longue falaise blanche et sans cesse pareille qui court du

Pas-de-Calais au Havre ? Quelle force, quel instinct invincible, quelle habitude séculaire poussent ces oiseaux à revenir en ce lieu ? Quelle première émigration, quelle tempête peut-être a jadis jeté leurs pères sur cette roche ? Et pourquoi les fils, les petit-fils, tous les descendants des premiers y sont-ils toujours retournés !

Ils ne sont pas nombreux : une centaine au plus, comme si une seule famille avait cette tradition, accomplissait ce pèlerinage annuel.

Et chaque printemps, dès que la petite tribu voyageuse s'est réinstallée sur sa roche, les mêmes chasseurs aussi reparaissent dans le village. On les a 

connus jeunes autrefois ; ils sont vieux aujourd'hui, mais fidèles au rendez-vous régulier qu'ils se sont donné depuis trente ou quarante ans. 
Pour rien au monde, ils n'y manqueraient. 
 
C'était par un soir d'avril de l'une des dernières années. Trois des anciens tireurs de guillemots venaient d'arriver ; un d'eux manquait, M. d'Arnelles. 
Il n'avait écrit à personne, n'avait donné aucune nouvelle ! Pourtant il 
n'était point mort, comme tant d'autres ; on l'aurait su. Enfin, las d'attendre, les premiers venus se mirent à table ; et le dîner touchait à sa fin, quand une voiture roula dans la cour de l'hôtellerie ; et bientôt le retardataire entra. 
Il s'assit, joyeux, se frottant les mains, mangea de grand appétit, et, comme un de ses compagnons s'étonnait qu'il fût en redingote, il répondit 
tranquillement : 

-Oui, je n'ai pas eu le temps de me changer. 
On se coucha en sortant de table, car, pour surprendre les oiseaux, il faut partir bien avant le jour.
Rien de joli comme cette chasse, comme cette promenade matinale.

Dès trois heures du matin, les matelots réveillent les chasseurs en jetant du sable dans les vitres. En quelques minutes on est prêt et on descend sur le 
perret. Bien que le crépuscule ne se montre point encore, les étoiles sont un peu pâlies ; la mer fait grincer les galets ; la brise est si fraîche qu'on frissonne un peu, malgré les gros habits. 

Bientôt les deux barques poussées par les hommes, dévalent brusquement sur la pente de cailloux ronds, avec un bruit de toile qu'on déchire ; puis elles se balancent sur les premières vagues. La voile brune monte au mât, 

se gonfle un peu, palpite, hésite et, bombée de nouveau, ronde comme un ventre, emporte les coques goudronnées vers la grande porte d'aval qu'on distingue vaguement dans l'ombre. Le ciel s'éclaircit ; les ténèbres semblent fondre ; la côte paraît voilée encore, la grande côte blanche, droite comme une muraille. 

On franchit la Manne-Porte, voûte énorme où passerait un navire ; on 
double la pointe de la Courtine ; voici le val d'Antifer, le cap du même 
nom ; et soudain on aperçoit une plage où des centaines de mouettes sont posées. 

Voici la roche aux Guillemots. 

C'est tout simplement une petite bosse de la falaise ; et, sur les étroites corniches du roc, des têtes d'oiseaux se montrent, qui regardent les 
barques. 

Ils sont là, immobiles, attendant, ne se risquant point à partir encore. 

Quelques-uns, piqués sur des rebords avancés, ont l'air assis sur leurs 
derrières, dressés en forme de bouteille, car ils ont des pattes si courtes qu'ils semblent, quand ils marchent, glisser comme des bêtes à roulettes ; 
et, pour s'envoler, ne pouvant prendre d'élan, il leur faut se laisser tomber comme des pierres, presque, jusqu'aux hommes qui les guettent. 

Ils connaissent leur infirmité et le danger qu'elle leur crée, et ne se décident pas à vite s'enfuir.
Mais les matelots se mettent à crier, battent leurs bordages avec les tolets de bois, et les oiseaux, pris de peur, s'élancent un à un, dans le vide, 
précipités jusqu'au ras de la vague ; puis, les ailes battant à coups rapides, ils filent, filent et gagnent le large, quand une grêle de plombs ne les jette 
pas à l'eau. Pendant une heure on les mitraille ainsi, les forçant à déguerpir l'un après l'autre ; et quelquefois les femelles au nid, acharnées à couver, ne s'en vont point ; et reçoivent coup sur coup les décharges qui font jaillir 
sur la roche blanche des gouttelettes de sang rose, tandis que la bête expire
sans avoir quitté ses oeufs.

Le premier jour, M. d'Arnelles chassa avec son entrain habituel ; mais, quand on repartit vers dix heures, sous le haut soleil radieux, qui jetait de grands triangles de lumière dans les échancrures blanches de la côte, il se montra un peu soucieux, rêvant parfois, contre son habitude.


sourc: audiocite
Image: http://nl.wikipedia.org/wiki/Bestand:August_Alleb%C3%A9_-_De_vlinders.jpg

No hay comentarios:

Publicar un comentario

This blog is not belong to AAEOIL. This only publishes information about it

Entradas populares

RECIPES

RECIPES
Click on the picture

FISH AND CHIPS RECIPE

PANCAKES RECIPE

CHAPLIN'S MOVIES

CHAPLIN'S MOVIES
CLICK ON THE PICTURE
Sources where we have find the educational material and movies which are being published in this blog: peliculasid, peliculashd, tucinecom, gnula, peliculas-flv, conecta 2, smotri, mirafriends, seriesyonkis, tv.blinks, esl-lounge, NEF, breakingnews, 5minutenglish, agendaweb, series911, Gnula, danko, teleepisodes, BBC, a4esl, seriales.us.....

MEMENTO DE BUENA FÉ Y COLABORACIÓN CON LAS FUENTES DEL MATERIAL DEL BLOG

El material didáctico y las peliculas contenidas en este blog, tienen el objetivo de ser una herramienta más, para favorecer el aprendizaje de idiomas, y no con ánimo de lucro. Los estudiantes utilizan nuestro blog para estudiar las destrezas que tienen que superar en los exámenes.
Este blog no es responsable del contenido de los enlaces externos para ver series, peliculas, etc. Thanks VK.

Este blog no comercializa ni se lucra de ninguna forma del material publicado en el mismo, cuyas fuentes en su mayoría, es la propia red. Nosotros no publicamos banners ni ningún tipo de publicidad.

En caso de reclamaciones por parte de las fuentes de dicho material, procederemos a eliminarlo de nuestro de blog, de inmediato, ya que nuestra intención ha sido de buena fé, y en ningún momento nos hemos lucrado del material de otros.

Para que dichas fuentes puedan ponerse en contacto con este blog studentsstuff@outlook.es

VERY IMPORTANT

This blog has been created by a student in a personal way with the aim of sharing the information in it with the rest of the students, therefore the E.O.I.of Lorca has no responsability for the comments or any information contained in this blog.
Thanks to those people who, without partipatining in the contents of the blog, have written giving us their support.
Through this blog we want to thank the teachers for their e-mails of support and good advice which helped us to improve the eoistudents' stuff.
As students we commit grammatical errors when we write our comments which we continue trying to correct.
Thanks also to the many students who have visited the blog and have written telling us how much effort that we have made to make the contents helpful to those who are learning English and they encourage us to continue with this proyect.
The educational material comes from approved sources dedicated to the learning of English. Most of it do not own.
If there are any errors it is because those sources already contain them and not as a result of the work of the creators of the blog, even the books we always use in class contain some errors.